In the Parlance of Our Times : un album « coup de coude »

Ça commence comme un chien sur un jeu de quilles. Particulièrement quand on n’a aucune attente. Ne connaissant rien de Russian Girlfriends, j’ai pris un coup de coude directement dans les dents à la première écoute d’In the Parlance of Our Times. Un coup dur qui reste un excellent avertissement pour te rappeler que ce que tu viens aléatoirement de faire jouer va te rentrer dedans. Et bien voilà, je suis devenu un fan de Russian Girlfriends juste comme ça.

Pour un deuxième long-jeu, la bande d’Albuquerque (Nouveau-Mexique) en surprend plus d’un, particulièrement moi. Avec la facilité de la diffusion en continu de nos jours, nous sommes largement moins impressionnables que nous l’étions à l’ère des CDs, des cassettes, des vinyles et des autres moyens de diffusion où l’achat était prérequis. Nous connaissons maintenant beaucoup plus de groupes et développons notre appréciation musicale. Cette lame à deux tranchants se retourne contre nous en nous désensibilisant dans cet océan infini de sons faciles d’accès. Bref, même quand la marée est extrêmement haute et que je pense me sentir trop à l’aise, il y a encore des Russian Girlfriends pour me surprendre.

Coke, l’ouverture intense de l’opus, rappelant l’album Go to Prison de Pears, est destructrice et enragée, autant musicalement que par le message qu’elle porte (de ce que j’en comprends). La transition avec Angry Bong Rips me donne l’effet d’un œuvre agilement travaillé. Punk, trash rock, influence hardcore?! Comment d’écrire l’album? Peut-être suis-je tombé sur un groupe un peu original en 2019? Probablement oui, en tenant compte du fait que l’originalité absolue est pratiquement impossible.

Il faut aimer la défonce musicale pour apprécier un solo de guitare quand le groupe et le chanteur sont à plein volume en fin de chanson (The Day We Put the Dog Down). Un groupe qui se démarque avec une énergie palpable. Même les morceaux que j’aime moins (oui il y en a, mais pas beaucoup) sont remarquables et, qui sait, peut-être ta future chanson préférée.

Le seul hic, plus nous avançons dans notre écoute, moins l’impact est fort. Ce qui renforce mon opinion sur la pertinence des LPs en 2019 (sujet tabou que j’exploiterai dans un éditorial, un jour). Antidote vient chercher un côté plus pop, très bien. Pride Parade, on repart la machine en intro percutante, mais pourtant, la suite devient molasse, à mon avis. Et ainsi de suite jusqu’à la fin. Un EP de six chansons qui aurait pu être un pur chef d’œuvre, mais ici, nous avons un très bon album avec l’avantage au début, mise à part Obsidiant qui est dans mes préférées.

En gros, si tu aimes le gros punk sale à sauce rock sale, tu vas être ravi. Malgré ce que j’ai dit, In the Parlance of Our Times s’écoute de A à Z, exactement comme un album se doit d’être traité et respecté.

Chanson préférée : Coke

Marcan

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