Comment The Interrupters m’ont allumée, puis éteinte…

C’était dimanche le 3 novembre que le populaire groupe pop-ska The Interrupters se produisait sur les planches du MTelus. Même si leur dernière prestation lors du 77’ l’an dernier m’avait grandement déçue, j’étais tout de même très enthousiaste de les revoir. Lors du 77’, j’avais trouvé que la très aimée chanteuse Aimee Allen avait été timide avec ses fans, n’ayant pratiquement eu aucune interaction. Cette « difficile » tâche ayant été relayée à son guitariste, Kevin Binova, que j’adore par son charisme et son dynamisme. Malgré tout, peut-être parce que mes pieds avaient un grand besoin de skanker, j’ai acheté mon billet sur un coup de tête et je me suis dit « bah pourquoi pas? » Et pour vrai, je ne le regrette absolument pas puisque j’ai passé une excellente soirée.

Comme à ma fidèle habitude, j’ai manqué une bonne partie des deux premières parties. J’ai seulement été en mesure d’écouter la moitié du set de Skinny Lister, groupe folk britannique qui aurait probablement été meilleur dans un party du jour de l’an. Mais la foule semblait les connaître et bien les apprécier. Ils avaient une sacrée énergie. Pour ma part, je les ai trouvés divertissants, mais sans plus. Enfin, les fameux Interrupters arrivent et de plus, en très grande forme. Moi qui rêvais de skanker depuis des semaines, c’était pratiquement impossible dû à la densité de la foule. L’ambiance était complètement survoltée, tout le monde bougeait, tout le monde chantait et contrairement à la dernière prestation d’eux que j’avais eu la chance de voir, Aimee Allen nous en a donné pour notre argent. Un setlist plus que parfait et une soirée qui a passé beaucoup trop vite. Et à ma grande surprise, plusieurs enfants accompagnaient leurs parents, une petite section avait même été aménagée pour les familles.

Mais là tu dois te demander pourquoi le titre mentionne qu’ils m’ont éteinte. Tout d’abord, ce groupe pop-ska monté de toute pièce ne fait vraiment pas l’unanimité dans la grande famille punk. Si certains les accusent d’être un band monté de toute pièce dans l’unique but de générer des profits, moi, ça ne me dérange pas. Ce qui me dérange, ce sont ceux qui bashent les bands qui réussissent à gagner leur vie en faisant ce qu’ils aiment. Nous sommes tous libres d’encourager cette industrie, ou pas. Pour ma part, band à but lucratif ou pas, tout ce que je sais, c’est que quand je mets une pièce comme By My Side chez moi, tout le monde danse et ça rend foutrement heureux. C’est tout ce qui compte. Mais malgré cela, à plusieurs reprises j’ai entendu (ou lu) des gens qui les accusaient d’être de l’extrême droite. Et là encore, je ne m’en faisais pas trop puisque les gens, par manque de connaissances, confondent ska, skin et extrême droite. Et je n’ai pas toujours envie d’entrer dans ce genre de dialogue qui tourne en rond. Je laissais donc les gens parler, ayant ma propre idée sur le sujet. Sauf que! Dans une conversation virtuelle avec différentes personnes, j’ai finalement compris pourquoi certaines personnes les accusaient d’être de la droite. Enfin, qu’ils accusent Aimee Allen d’être de la droite. Et avec raison. La très jolie chanteuse à la voix cassée et sexy a été, il y a une dizaine d’années, une fière partisane du républicain Ron Paul. Un monsieur régressiste, fédéraliste et raciste. Je n’ai pas envie de tout relayer dans le présent texte, mais tu pourras faire tes propres recherches et lire l’article «Know your product» : The Interrupters paru sur le blog Duff Guide to Ska.

Et là où je voulais en venir, c’est que j’ai de la difficulté à me faire une tête sur le sujet. Depuis quelques années, plusieurs artistes ont vu ressurgir de leur placard des squelettes peu reluisants. Est-ce que ça enlève quelque chose à leur œuvre? Peut-être un peu oui. Même si  je vais probablement continuer à danser sur ce band le dimanche matin avec les enfants, ça me laisse tout de même un goût amer. Certains diront que les gens peuvent changer. C’est vrai! Mais il est plutôt rare que les gens ne deviennent subitement plus racistes du jour au lendemain. Et c’est vraiment dommage, car Aimee Allen a une des voix les plus hallucinantes de l’industrie des dernières années. Si seulement elle avait pris la parole pour expliquer cette sombre période de sa vie, j’aurais peut-être eu envie d’être clémente. Mais encore une fois, elle a relayé cette besogne à son guitariste, Kevin Binova. Est-ce que je vais retourner les voir? Aucune idée.

Claudia

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