Marcan à Envol et Macadam 2019 – deuxième partie

Samedi

Après un réveil douloureux, je me dirige à nouveau vers la scène extérieure. J’ai dû mettre une croix sur plusieurs groupes locaux tels que Distance Critique, A Tree at Last et Still Insane qui jouaient tôt cette journée-là. Je suis arrivé juste à temps pour voir Field Day, un groupe formé de membres de Dag Nasty et de Down By Law. Un bon spectacle, mais quelque peu statique. J’en ai donc profité pour jouer au chat et à la souris avec ma fille de 4 ans en zigzagant entre les festivaliers déjà sur place.

Je sais que beaucoup d’entre vous ne sont pas fervents de musique traditionnelle. Pourtant, avec la touche punk apportée par la troupe du Comté de Portneuf, plusieurs se raviseraient. L’amalgame des deux genres déjà extrêmement festifs donne un résultat unique pour tous les bons vivants de ce monde. La prestation de samedi dernier était à la hauteur de mes attentes. Visuellement chargé, j’ai dû manquer plus de la moitié de ce que la gang offrait en performance sur scène. Punk rock, chansons à répondre, tapage de pied et même un spectacle de marionnettiste; on ne s’ennuie pas à un spectacle de Carotté.

Keith Kouna donne et donnera toujours un excellent show. Que ce soit en formule solo ou avec son ancien groupe Les Goules, ses inspirations de punk français le font ressortir du lot. Je ne connais pas particulièrement sa musique, mais je peux quand même vous dire qu’il est difficile de lâcher cette bête de scène des yeux.

L’homme qui le succèdera est un artiste que j’admire depuis longtemps. Mononc’ Serge, une autre bête de scène, ne m’a jamais déplu en spectacle. Il commence en force avec Casserole, la première pièce de son plus récent album Réchauffé. Comme le laisse sous‑entendre le titre de l’album, Casserole se trouve à être un remix de sa chanson parue avec Les Colocs. Plusieurs classiques ont été entendus ce soir-là, dont Fourrer qui ne laisse personne indifférent. J’aimerais souligner mon inaptitude à la paternité puisque Rafaële, ma fille, était présente pour cette chanson dégradante qui fait chanter absolument tout le monde, pour une deuxième fois en trois ans. Tout l’monde se criss de Mononc’ Serge, J’sens l’punk, Requiem pour la marde et Je chante pour les morons ne sont que quelques exemples de la panoplie de hits performés sous le viaduc.

Pour une deuxième fois cet été, j’ai pu voir Bigwig. Je ne vous cacherai pas que je suis un peu tanné de voir ce groupe jouer les mêmes chansons année après année, sans nouvelle composition depuis 2006. Le groupe performe très bien et la foule répond toujours à l’appel, mais pourtant, j’ai l’impression qu’il tourne en rond (ce n’est pas un blague de circlepit). Le moment fort de leur set, à mon avis, est quand le groupe a dédié la chanson Friends à Marie-Pier Lavigne (The Horny Bitches), mon amie décédée prématurément au printemps dernier.

Pour terminer le show sur le site principal en cette glaciale soirée de septembre : les légendaires Subhmans, venus directement du Royaume-Uni pour trasher la place. Quand j’ai vu qu’ils jouaient dehors, je n’ai pas tout de suite compris. Un groupe de cette envergure aurait dû se produire dans une salle comble et à une heure tardive. Pourtant, en pleine ville, sous une autoroute, dans le gravier, entouré de graffitis, ce groupe punk avait toute sa place. Un spectacle entraînant et divertissant qui me ramène aux racines punks. Malheureusement, c’est une branche musicale que je ne maîtrise pas. Ils ont quand même diverti beaucoup plus de gens que je ne l’aurais cru.

Le dernier groupe officiel de cette fin de semaine de fou s’est produit à 1 h. Nous étions tous bien entassés au Knock-out en attendant qu’Albatros ouvre les valves de son core‑cuivré puissant. Une telle intensité se produisant dans un si petit endroit, et pourtant, tout semble en place. Rien de mieux que me faire éclater les tympans par une musique aussi agréable. Parmi les cris, les rifts de guitares ravageurs et la glorieuse ligne de cuivre, on peut entendre une douce mélodie apaisante. Un bijou musical méconnu qui performe comme mille et qui a du cœur au ventre.

Un ajout de dernière minute, Acidez, une formation street punk mexicaine qui débarque au Scanner pour mettre fin aux festivités. Comme le groupe n’était pas affiché pour Envol et Macadam, je me demande comment autant de gens ont pu se trouver sur place dans cette foire punk complètement déchainée. Un des plus gros shows que j’aie vus dans ce bar mythique de Québec et une présence sur scène (qui se tient à 5 cm du sol) à couper le souffle.

Bref, méchante soirée de malade et une édition d’Envol encore parfaitement réussie. Bravo pour la nouvelle configuration du site avec Le Marché Alternatif qui permet de magasiner des produits d’artisans d’ici, que vous soyez ou non dans l’enceinte du festival. Un gros merci à toute l’équipe derrière l’événement.

Marcan

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