Le 25e de Hot Water Music à Philadelphie

Six passionnés de musique (et malades mentaux) descendent à Philadelphie, en minivan; un périple de 14 heures (je compte les arrêts, calmez-vous) pour aller voir cette tournée décousue fêtant le 25e anniversaire du groupe mythique, Hot Water Music. Le premier soir, l’album Caution, le deuxième soir, No Division, et en prime : Boysetsfire que je n’avais encore jamais vu. La fin de semaine s’annonçait tout simplement parfaite. Que vous planifiiez ou non aller voir le groupe à Montréal en janvier 2020, les prochaines lignes devraient vous mettre l’eau à la bouche!

On ne s’en cachera pas, un roadtrip aussi long, pour un événement que l’on attend depuis déjà plusieurs mois, se résume souvent par beaucoup de bonnes tops et une accumulation monstre de blagues et d’inside jokes. Après un départ de Québec (en retard parce que ça en prend toujours un qui ne se lève pas) aux petites heures du matin, la route était nôtre. J’aime bien sortir de ma ville pour aller voir des shows; ça change ma routine. Le paysage, la salle de spectacle inhabituelle ou bien la foule présente qui m’est inconnue : j’adore me changer les idées. Dès la première soirée, ces 14 heures assises en voiture en valaient le coup.

L’Underground Arts était plus qu’à la hauteur de mes attentes. Quand on se déplace, on veut être abasourdi par l’endroit où naîtra une panoplie de souvenirs. Dans le sous-sol d’une vieille bâtisse, large et sans balcon, je me sentais dans une pièce digne d’un show punk rock. Une salle qui me ramène à la source : sale et rustre. Et là, je n’ai pas encore parlé des deux bars faciles d’accès et sans file d’attente. Bref, pour un gars qui ne veut jamais manquer de boisson dans un événement, j’étais au paradis!

À notre entrée, Restorations, un groupe local, avait déjà joué quelques chansons. Un peu emo, un peu post-punk, un peu bon. Je peux dire qu’un ou deux morceaux ont accroché mon attention, mais pas suffisamment pour en parler davantage. Est-ce que j’ai parlé de la deuxième pièce avec des chaises, des tables et des divans qui donnent sur un écran du spectacle? C’est là qu’on attendait avec impatience Boysetsfire.

La chair de poule présente, nous étions prêts pour le groupe qui ne fait pas acte de présence souvent en sol québécois. L’entrée en scène fut d’une intensité remarquable. Je ne connais malheureusement que quelques albums/morceaux du groupe, et pourtant, l’énergie dégagée a englouti tout le monde. La présence du chanteur aux premières lignes et son contact, autant physique que visuel, avec ses fans me donnaient des frissons. Comment peut-on chanter et crier avec autant d’aisance? Ses discours humanitaires m’ont ému à un point tel que j’étais le premier le poing au ciel, me rappelant ce qui m’avait amené au punk dans mes jeunes années.

Mon amie MC avait les yeux vitreux, comme si Dieu ** métaphore** la regardait directement. Un moment qu’elle attendait depuis belle lurette et qui semblait magique. En me tournant un peu, je voyais la même lueur chez la grande majorité des individus dans la salle. Est-ce que c’est ce qu’on appelle un moment magique? Ils ont fait plusieurs classiques de plusieurs albums, en finissant le tout avec leur plus grand hit, Rookie. La foule, complètement hystérique, répondait bien à son interlocuteur.

Ce n’est plus la chair de poule qui m’envahit, mais plutôt un engourdissement pétillant. Comme un feu d’artifice, j’explosai au premier coup de guitare, ainsi qu’aux premières paroles de Remedy. On peut dire que Caution commence en puissance! Une force généralisée venait de prendre la foule d’assaut. Le monde est viré fou et avec raison. Pendant les sept premiers morceaux, nous sommes dans un monde sans règle. Il n’y avait pas seulement nous qui explosions, les vétérans sur scène sentaient l’excitation à plein nez!

Ils sont toujours beaux à voir jouer avec autant de passion, mais ce soir-là, l’étincelle dans leurs yeux était presque aveuglante. Malheureusement, Chris Wollard, l’un des guitaristes chanteurs, ne fait pas la tournée pour des raisons personnelles. Heureusement pour nous, c’est Chris Cresswell (The Flatliners) qui comblait le poste vacant. Le meilleur choix possible pour prendre les grands souliers d’une légende. La portée de sa voix et la justesse d’exécution étaient si prenantes que je me suis demandé si sa place était plus pertinente au sein du groupe. Non! Mais vous comprenez?

À la suite de l’exécution plus que parfaite de l’album de la soirée, une bonne dizaine de leurs meilleurs succès se sont joints à la soirée. Le tout fait dans la sueur, les chamaillades chantantes, les doigts élevés et, bien entendu, les massages dorsaux horizontaux (un classique). Je ne vous donnerai pas la liste des chansons faites en deuxième partie pour ne pas vous gâcher la surprise (pour la première partie, voir la pochette de Caution).

Le deuxième jour se déroule en douceur. Visite du vieux Philly, manger un sandwich steak Philly et réaliser que t’es à Philly; bref, tout se passe à merveille. Après une beuverie à l’Airbnb, dans le quartier italien, on retourne à la salle. Même ambiance, même monde, mêmes blagues à l’aller, exactement la même chanson de Restorations qui joue quand on entre.

Encore une performance digne de ce nom par Boysetsfire. Mon seul bémol : même setlist. Sachant que la grande majorité des spectateurs étaient présents lors de la soirée précédente, j’aurais opté pour une formule différente. Mais bon, je ne suis pas à leur place. Un méchant bon show tout en puissance. Ah oui, même les discours moraux étaient pareils… Ça ne change rien au fait que c’était vibrant.

La raison première de ma venue à Philadelphie : No Division. Un de mes albums préférés à vie, en entier. Si mes amis qui m’accompagnent dans ce voyage se foutent complètement de cet album, je vous assure que la foule n’en est aucunement indifférente. Encore une fois, l’introduction fut destructrice. Southeast First est, pour moi, la meilleure introduction d’album. Suivie par Free Radio Gainesville. Je suis sans mots. La revendication écrite, exprimée par un son plus ou moins défait, finalisée en duo vocal. Une chanson qui ne peut être écrite que par nul autre qu’HWM. No Division, un monument musical qui, encore une fois, me rappelle pourquoi je suis qui je suis, pourquoi je suis punk rock. Hit and Miss, la première chanson que j’ai entendue du groupe, une découverte gracieuseté Napster, le tout dans ma face. Avec les dix chansons faites par la suite, je peux dire que je suis plus que comblé par ces deux belles soirées de juin.

Moment Marcan :

J’ai malheureusement promis de garder le silence. Ce qui se passe dans un bar à tacos du quartier défavorisé mexicain de Philadelphie à 3 h du matin reste dans un bar à tacos du quartier défavorisé mexicain de Philadelphie à 3 h du matin!

Marcan

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